Compteur de la dette de la France · Comparatif des compteurs
Pourquoi les compteurs de la dette n'affichent pas le même chiffre
Le 28 juillet 2026, deux compteurs de la dette publique française consultés à la même heure affichaient environ 50 milliards d'euros d'écart. Aucun des deux ne se trompe dans son calcul. L'écart vient d'ailleurs, et il s'explique en trois points.
Ce que trois compteurs affichaient le même jour
Relevé effectué le 28 juillet 2026. Les valeurs des sites tiers sont citées telles qu'elles apparaissaient sur leur page d'accueil ce jour-là. Elles ont pu changer depuis.
| Compteur | Base de départ déclarée | Rythme affiché | Montant affiché |
|---|---|---|---|
| Ce site | 3 536,1 Md€ au 31 mars 2026 (INSEE, T1 2026) | 6 018 €/s | ≈ 3 598,0 Md€ |
| dettedelafrance.fr | 3 460,5 Md€ fin 2025 (déclaré sur la page) | 4 833 €/s | 3 547,6 Md€ |
| horloge-de-la-dette-publique.com | non déclarée | 6 000 €/s | non relevé |
D'autres compteurs existent, avec des rythmes plus éloignés encore. Le tableau ne retient que ceux dont la base et le rythme ont pu être vérifiés directement sur la page.
Les trois raisons pour lesquelles deux compteurs divergent
1. La base de départ, et c'est de loin la principale
Un compteur de dette n'est pas une mesure. C'est une base officielle à laquelle on ajoute un rythme. Toute la question est de savoir de quelle base on part.
L'INSEE publie la dette au sens de Maastricht une fois par trimestre. Au 28 juillet 2026, la dernière publication disponible était celle du 25 juin 2026, portant sur le premier trimestre 2026 : 3 536,1 milliards d'euros au 31 mars 2026. La publication précédente donnait 3 460,5 milliards à fin 2025.
Un compteur resté calé sur la publication précédente accuse donc un trimestre de retard, soit environ 75 milliards d'euros. C'est vérifiable : en partant de 3 460,5 milliards au 31 décembre 2025 et en ajoutant 4 833 € par seconde pendant 209 jours, on obtient 3 547,8 milliards. Le compteur concerné en affichait 3 547,6 ce jour-là. La reconstitution tombe juste à 0,2 milliard près, ce qui confirme que l'écart vient de la base et de rien d'autre.
2. Le rythme retenu
Le second choix porte sur la vitesse. Trois méthodes coexistent, et elles ne donnent pas le même nombre.
- Le déficit public de l'année divisé par le nombre de secondes. C'est la méthode la plus intuitive, et elle sous-estime : la dette progresse plus vite que le seul déficit.
- Le glissement annuel constaté : la différence entre la dette d'aujourd'hui et celle d'il y a un an, ramenée à la seconde. C'est la méthode retenue ici, parce qu'elle intègre tout ce qui fait bouger la dette et pas seulement le solde budgétaire.
- Une projection tirée d'un budget voté ou d'une prévision. Elle dépend d'hypothèses qui peuvent ne pas se réaliser.
L'écart entre la première et la deuxième méthode n'est pas anecdotique : le déficit représente environ 5 000 € par seconde là où la dette progresse de 6 018 € par seconde. L'explication détaillée de cet écart est sur la page du compteur.
3. Le périmètre
Enfin, tous les compteurs ne mesurent pas la même chose. La dette au sens de Maastricht additionne l'État et ses organismes, la Sécurité sociale et les collectivités locales. Certains sites y ajoutent des engagements hors bilan, notamment les retraites futures des fonctionnaires, ce qui produit un total nettement supérieur. Ce n'est pas faux en soi, mais ce n'est plus le même indicateur, et la comparaison avec les autres pays cesse d'être valide.
Comment vérifier n'importe quel compteur en trois minutes
La méthode ne demande aucun outil, et elle vaut pour ce site comme pour les autres.
- Chercher la base déclarée. Un compteur qui n'indique ni sa base ni sa date de référence ne peut pas être vérifié. C'est le premier tri, et il est éliminatoire.
- Vérifier que cette base est la dernière publiée. L'INSEE publie sa série trimestrielle en accès libre. Si la base du compteur est antérieure à la dernière publication, il a du retard.
- Refaire l'addition. Base, plus le rythme affiché multiplié par le nombre de secondes écoulées depuis la date de référence. Si le résultat ne tombe pas sur ce qu'affiche le compteur, le rythme annoncé n'est pas celui qui est appliqué.
Ce troisième point mérite d'être souligné : un compteur peut afficher un rythme en euros par seconde qui ne correspond pas à sa propre progression. L'addition est le seul moyen de s'en assurer.
La méthode de ce compteur
Elle est publiée pour pouvoir être contredite.
Le rebasage est le point qui distingue ce compteur des autres. La page interroge l'API de l'INSEE à chaque chargement et remplace sa base si un trimestre plus récent a été publié. Le retard d'un trimestre décrit plus haut ne peut donc pas s'y installer, et personne n'a besoin d'y penser.
Cela ne rend pas le chiffre exact pour autant, et il faut le dire clairement : entre deux publications, un compteur de dette est toujours faux. La dette réelle ne progresse pas de façon continue, elle bouge par à-coups, au rythme des émissions et des remboursements. Ce que le compteur affiche est une extrapolation dont l'ordre de grandeur est juste, pas une mesure. La prochaine publication de l'INSEE est attendue le 29 septembre 2026.
Sources
- INSEE, série de la dette publique au sens de Maastricht : c'est de cette série que dérivent la base et le rythme de ce compteur, et c'est elle que la page interroge pour se rebaser. Les deux valeurs citées ici en sont issues : 3 460,5 Md€ au quatrième trimestre 2025, 3 536,1 Md€ au premier trimestre 2026.
- Les valeurs des compteurs tiers ont été relevées sur leur page d'accueil le 28 juillet 2026, et citées telles qu'elles y figuraient.