Les chiffres en direct
Combien la France doit-elle exactement, et d'où vient ce compteur
La dette publique de la France s'élève à 3 536,1 milliards d'euros au 31 mars 2026, soit 117,5 % du produit intérieur brut. C'est le chiffre publié par l'INSEE le 25 juin 2026, et c'est le point de départ exact du compteur en haut de cette page. Le détail de l'exercice en cours, budget voté et déficit constaté compris, est réuni sur la page des chiffres de la dette en 2026.
Ce montant est celui de la dette au sens de Maastricht, la définition européenne qui permet de comparer les pays entre eux. Elle additionne les engagements de l'ensemble des administrations publiques, et pas seulement ceux de l'État : les organismes divers d'administration centrale, les collectivités territoriales et les administrations de sécurité sociale y figurent aussi. C'est une dette brute : on ne retranche pas les actifs que détiennent ces administrations. Elle est consolidée : les sommes que les administrations se doivent entre elles sont annulées, pour éviter de compter deux fois le même euro.
Pourquoi un compteur, et comment celui-ci est calculé
L'INSEE publie la dette une fois par trimestre. Entre deux publications, personne ne connaît le montant à la seconde près : il n'existe aucun capteur branché sur le Trésor. Tout compteur de dette est donc une extrapolation, et la seule question qui vaille est de savoir laquelle.
On appelle aussi ce genre de dispositif une horloge de la dette. Le nom vient d'un panneau lumineux installé à New York le 20 février 1989, qui affichait la dette fédérale américaine en continu. Compteur ou horloge, la mécanique est la même : un chiffre officiel de départ, un rythme, et une addition qui court entre deux publications. Tout tient donc au rythme retenu, et c'est ce que la suite de cette section détaille.
Celui-ci applique une règle unique, énoncée sans détour : il part du dernier montant officiel et lui ajoute le rythme moyen constaté sur les douze mois précédents.
Cette méthode a une conséquence qu'il faut assumer : le compteur est faux entre deux publications, comme tous les compteurs de dette. Il indique une tendance, pas une mesure. Sa valeur est d'être rebasé sur la donnée officielle dès qu'elle paraît, et de dire lequel des deux chiffres il affiche.
Le choix du glissement annuel plutôt que du déficit prévisionnel n'est pas neutre. Le déficit voté en loi de finances est une prévision, révisée plusieurs fois par an ; le glissement annuel est une donnée constatée. Un compteur calé sur une prévision se trompe dans le sens de la prévision. C'est ce qui explique l'écart considérable entre les compteurs de dette accessibles en ligne, dont les rythmes vont du simple au quadruple sans que la méthode soit toujours indiquée.
Pourquoi la dette progresse plus vite que le déficit
La page affiche deux rythmes différents, et l'écart entre les deux n'a rien d'une erreur. Le compteur retient une progression de 189,8 Md€ sur douze mois, quand la légende de la simulation situe le déficit autour de 4 800 € par seconde, soit environ 151 Md€ sur un an. Les deux grandeurs ne mesurent pas la même chose. Le déficit est un solde comptable : la différence entre ce que les administrations encaissent et ce qu'elles dépensent sur l'exercice. La dette enregistre en plus les mouvements de trésorerie de l'État, qui ne sont pas des dépenses : variation du compte du Trésor, primes et décotes constatées à l'émission des titres, reprises de dettes d'autres organismes, écarts de valorisation. La comptabilité nationale regroupe ces éléments sous le nom d'ajustement dette-déficit, et ce sont eux qui expliquent les quelque 38 Md€ séparant les deux chiffres.
La page consacrée au déficit public de la France reprend ce solde pour lui-même : son périmètre exact, ce qu'un montant de déficit ne dit pas, et pourquoi aucun budget n'a été voté en excédent depuis 1974.
Ce que la simulation représente
La scène en haut de page n'est pas une illustration : chaque objet y transporte un montant. Un camion vaut 250 000 € d'impôts encaissés ou de dépenses engagées, un convoi doré 100 000 € empruntés, un cargo 250 000 € d'intérêts versés à un créancier. Leur cadence de départ est calculée sur les débits réels, ce qui explique la densité de la circulation à l'écran. Le puits, lui, ne produit pas d'argent : il mesure. Sa profondeur est celle de la dette, et ses parois sont datées année par année depuis 1978.
Combien la dette représente-t-elle par habitant
C'est le chiffre le plus cité du sujet, et le plus mal compris. Cette somme n'est due par personne. Elle ne figure sur aucun avis d'imposition, elle n'est pas exigible, et elle ne sera jamais réclamée à un ménage. C'est une division, rien de plus : un stock rapporté à une population, pour donner un ordre de grandeur.
La dette est portée par les administrations publiques, pas par les habitants. Ce que les ménages financent, ce sont les intérêts, par l'impôt, à hauteur d'environ 954 € par habitant et par an au rythme actuel de la charge de la dette. C'est ce montant-là, et non les 51 165 €, qui pèse réellement chaque année sur le budget.
La page consacrée à la dette par habitant détaille le calcul, les trois pièges qui font varier le résultat de plusieurs centaines d'euros, et ce que ce montant permet ou non de comparer.
Le compteur en haut de page actualise ce montant en continu. L'écart avec les 51 165 € ci-dessus correspond à ce qui s'est ajouté depuis le 31 mars 2026.
À qui la France doit-elle cet argent
Le compteur additionne des titres, et tout titre a un porteur. Ce ne sont ni des institutions ni des pays qui figurent en face, mais des détenteurs d'obligations - dont 56 % hors de France.
L'État emprunte en émettant des titres standardisés, principalement des OAT, les obligations assimilables du Trésor, dont la durée va de deux à cinquante ans. Ces titres s'échangent ensuite librement, ce qui veut dire que la liste des créanciers change en permanence, sans que l'État ait son mot à dire. Il connaît le montant qu'il doit et les dates auxquelles il doit payer ; il ne choisit pas qui détient ses titres.
La répartition
Environ 56 % de la dette négociable de l'État est détenue hors de France, selon la Banque de France : fonds de pension, compagnies d'assurance, banques centrales étrangères et gestionnaires d'actifs internationaux. Cette part est élevée, mais elle est aussi le signe d'une dette qui trouve preneur sans difficulté : un titre français s'achète et se revend facilement, ce qui en fait un placement de réserve pour beaucoup d'investisseurs institutionnels.
Le reste est détenu en France, essentiellement par les assureurs, qui adossent les contrats d'assurance-vie à des obligations d'État, et par les banques. S'y ajoute la part logée à l'Eurosystème, héritée des programmes d'achats de titres de la Banque centrale européenne.
La page qui détaille les détenteurs de la dette française explique qui sont réellement ces créanciers, pourquoi l'État ne les choisit pas, et ce qu'une part étrangère proche de la moitié permet ou ne permet pas.
La statistique de détention porte sur la dette négociable de l'État, qui est le périmètre suivi par la Banque de France. Elle ne recouvre donc pas exactement le total Maastricht affiché par le compteur, qui inclut aussi les collectivités et la Sécurité sociale.
Pourquoi les intérêts pèsent plus lourd que le stock
Le compteur mesure un encours, pas une facture. Ce que l'État paie vraiment chaque année, c'est le service de cette dette : environ 66 Md€ d'intérêts, soit 2 090 € par seconde.
Cette charge est l'un des tout premiers postes de dépense de l'État. Elle a la particularité d'être largement subie : elle découle d'engagements pris les années précédentes, et aucune décision budgétaire ne peut la réduire à court terme.
Elle augmente aujourd'hui plus vite que l'encours, ce qui surprend souvent. La raison n'est pas dans les décisions de l'année : elle tient à la structure du stock accumulé. Chaque année, une part de la dette arrive à échéance et se réémet aux conditions du moment, et les emprunts bon marché de la décennie passée sont remplacés par des titres plus chers.
La page consacrée au coût de la dette développe ce mécanisme, le rôle des obligations indexées et de la notation, la lecture correcte de l'écart de taux avec l'Allemagne, et ce que les intérêts représentent par habitant.
D'où vient l'argent que le compteur additionne
Derrière chaque euro ajouté au compteur, il y a une vente de titres aux enchères : pas un emprunt bancaire, mais des adjudications à dates fixes, connues un an à l'avance.
Son calendrier est public et connu des mois à l'avance, et cette prévisibilité n'est pas une commodité administrative : elle réduit la prime que les investisseurs réclament pour l'incertitude. Deux rendez-vous rythment l'année, chacun avec son rôle.
- Chaque lundi, à 14 h 50
- Des titres courts, de trois mois à un an. Ils gèrent la trésorerie au jour le jour et ne financent pas le déficit.
- Le premier jeudi de chaque mois
- Des titres longs, de huit à cinquante ans. C'est là que se joue le financement de fond.
Le taux n'est jamais fixé par l'État : il sort de la confrontation des offres déposées par les banques habilitées. Et l'essentiel du programme annuel ne finance aucune dépense nouvelle, il rembourse les titres arrivés à échéance.
La page qui détaille comment la France emprunte suit le déroulement d'une adjudication, le sens du mot « assimilable », et pourquoi l'État emprunte chaque année bien plus que son déficit sans que sa dette augmente d'autant.
Dans la simulation, ces rendez-vous sont réels : le compte à rebours de la prochaine adjudication suit le calendrier effectif de l'AFT, et le cargo qui accoste au port représente le produit d'une émission.
Le pourcentage affiché à côté du compteur
Sous le compteur figure un second nombre, 117,5 %. C'est l'indicateur le plus repris du sujet, et celui dont on tire le plus de conclusions hâtives : il rapporte un stock à un flux annuel, deux grandeurs qui n'ont pas la même nature.
Sa vertu est de neutraliser d'un coup l'inflation et la taille de l'économie, ce qui rend comparables des époques et des pays : c'est dans cette unité que se lit la dette de la France comparée à celle de l'Allemagne, de l'Italie et de l'Espagne. Sa limite est qu'on le lit trop souvent au pied de la lettre : le PIB n'est pas un revenu disponible pour rembourser quoi que ce soit, et rien n'est exigible en une fois.
Sa trajectoire procède par paliers, jamais en ligne droite : environ 20 % du PIB à la fin des années 1970, puis un décrochage à chaque choc encaissé par le budget, dont 2020 reste le plus lourd jamais enregistré. Le dernier budget voté en excédent est celui de 1974. L'historique de la dette année par année donne la courbe complète, le tableau de tous les millésimes et les données à télécharger.
La page consacrée au ratio dette sur PIB explique d'où vient réellement le seuil des 60 %, pourquoi il n'a jamais reposé sur une théorie économique, et quelles autres mises en perspective éclairent mieux la soutenabilité.
Les parois du puits, dans la simulation, portent ces années : chaque strate est datée, et son épaisseur correspond à ce qui a été ajouté cette année-là. La strate 2020 est la plus épaisse de toute la colonne.
Questions fréquentes
À combien s'élève la dette de la France en 2026 ?
La dette publique française s'établit à 3 536,1 milliards d'euros au 31 mars 2026, soit 117,5 % du produit intérieur brut, selon l'INSEE. Ce montant couvre toutes les administrations publiques : l'État, les organismes divers d'administration centrale, les collectivités locales et la Sécurité sociale. Le compteur de cette page part de ce chiffre officiel et l'extrapole au rythme observé sur les douze derniers mois.
Un État peut-il faire faillite ?
Pas au sens d'une entreprise : il n'existe ni tribunal compétent, ni procédure de liquidation, ni repreneur. Ce qui existe est le défaut de paiement, et il se joue sur le refinancement, c'est-à-dire la capacité à replacer chaque semaine les titres qui arrivent à échéance, plutôt que sur la taille du stock affiché par ce compteur. Une page entière traite la question : la France peut-elle faire faillite.
Quelle est la différence entre la dette et le déficit ?
Le déficit est un flux annuel : l'écart entre ce que les administrations encaissent et ce qu'elles dépensent sur une année. La dette est un stock : l'accumulation de tous les déficits passés, moins ce qui a été remboursé. Un déficit qui diminue fait donc toujours monter la dette, simplement moins vite. La dette ne baisse que si les administrations dégagent un excédent. Le déficit public est détaillé sur sa propre page.
Que signifie « dette au sens de Maastricht » ?
C'est la définition européenne commune, qui rend les pays comparables entre eux. Elle mesure la dette brute consolidée de toutes les administrations publiques, en valeur nominale. Brute : on ne déduit pas les actifs détenus par l'État. Consolidée : les dettes que les administrations se doivent entre elles sont annulées. C'est ce chiffre qui sert de référence à l'INSEE, à Eurostat et à ce compteur.
Pourquoi ce compteur ne redescend-il jamais ?
Parce qu'il suit un stock, et qu'un déficit plus faible ajoute moins sans jamais retrancher. Il ne redescendrait qu'avec un excédent, c'est-à-dire des recettes supérieures aux dépenses, intérêts compris, ce qui ne s'est plus produit depuis le budget de 1974. La décomposition chiffrée de cette hausse, déficits, intérêts et ajustements, est sur la page qui explique pourquoi la dette augmente.
À quelle vitesse la dette augmente-t-elle par seconde ?
Environ 6 019 euros par seconde, soit à peu près 520 millions d'euros par jour. Ce rythme est calculé sur le glissement annuel constaté entre le T1 2025 et le T1 2026, soit environ 189,8 milliards d'euros sur douze mois. C'est une moyenne lissée : la dette réelle progresse par à-coups, au rythme des émissions de titres.
La France a-t-elle déjà remboursé sa dette ?
La France rembourse en permanence : chaque titre arrivé à échéance est payé à son détenteur, pour des centaines de milliards d'euros chaque année. Mais elle les remplace aussitôt par de nouveaux emprunts, une pratique appelée refinancement. Le stock ne diminue donc pas. Rapportée au PIB, en revanche, la dette a déjà reculé : sur la plus longue détente de la série, le ratio est passé de 114,9 % en 2020 à 109,5 % en 2023, soit trois années consécutives de baisse et 5,4 points de moins. Cette détente n'a pas duré : le ratio est remonté à 115,6 % en 2025.
D'où viennent ces chiffres
Aucune donnée de cette page n'est estimée à la main. Chaque chiffre provient d'une publication officielle, citée ci-dessous, et le compteur est rebasé à chaque parution.
- INSEE - dette trimestrielle au sens de Maastricht Montant de référence du compteur : 3 536,1 Md€ au 31 mars 2026, publié le 25 juin 2026. Prochaine parution le 29 septembre 2026 à 08 h 45, pour le deuxième trimestre.
- INSEE - ratio dette sur PIB Série du ratio trimestriel, source du 117,5 % cité sur cette page.
- Agence France Trésor Calendrier des adjudications, encours de la dette négociable et structure de détention. Source des rendez-vous du lundi et du premier jeudi du mois.
- Banque de France Répartition des détenteurs de la dette négociable de l'État, dont la part détenue par les non-résidents.
- Eurostat - dette publique trimestrielle Série harmonisée européenne depuis 1994, utilisée pour la profondeur historique et les comparaisons entre pays.
Ce que cette page ne prétend pas faire
Le compteur affiche une extrapolation, pas une mesure. La série historique des strates est reconstituée à partir des publications annuelles et arrondie. Les débits par seconde (impôts, dépenses, intérêts) sont des ordres de grandeur dérivés de la loi de finances, destinés à donner une échelle, pas à servir de référence comptable. Les montants exacts, à la date d'arrêté, sont ceux des sources ci-dessus.
C'est aussi pourquoi la base de départ compte davantage que le calcul : un compteur vaut ce que vaut le dernier chiffre publié sur lequel il s'appuie. Celui-ci se recale automatiquement dès que l'INSEE publie un nouveau trimestre.