La courbe, de 1978 à 2025
Deux façons de lire la même dette : ce qu'elle pèse en euros, et ce qu'elle pèse face à la richesse produite dans l'année. Les deux racontent des histoires différentes, et c'est pour ça qu'elles ne se superposent pas sur un même graphique.
Survolez la courbe, ou parcourez-la au clavier avec les flèches. Les traits pointillés marquent les années où le ratio a bougé de plus de 5 points en douze mois. Les bandes de fond situent les mandats présidentiels : elles servent à dater, elles ne comparent rien.
| Année | Milliards € | % du PIB |
|---|---|---|
| 1978 | 74,0 | 21,2 % |
| 1979 | 84,4 | 21,2 % |
| 1980 | 94,1 | 20,8 % |
| 1981 | 112,4 | 22,0 % |
| 1982 | 148,6 | 25,4 % |
| 1983 | 173,6 | 26,7 % |
| 1984 | 205,7 | 29,1 % |
| 1985 | 232,6 | 30,7 % |
| 1986 | 255,0 | 31,3 % |
| 1987 | 288,3 | 33,7 % |
| 1988 | 311,2 | 33,6 % |
| 1989 | 343,4 | 34,4 % |
| 1990 | 374,9 | 35,6 % |
| 1991 | 398,2 | 36,5 % |
| 1992 | 454,9 | 40,2 % |
| 1993 | 531,7 | 46,6 % |
| 1994 | 588,6 | 49,9 % |
| 1995 | 714,7 | 57,8 % |
| 1996 | 755,3 | 60,6 % |
| 1997 | 793,0 | 62,0 % |
| 1998 | 836,1 | 62,1 % |
| 1999 | 856,9 | 61,4 % |
| 2000 | 880,0 | 59,7 % |
| 2001 | 907,7 | 59,3 % |
| 2002 | 966,8 | 61,3 % |
| 2003 | 1 060,4 | 65,4 % |
| 2004 | 1 134,3 | 66,9 % |
| 2005 | 1 201,5 | 68,2 % |
| 2006 | 1 207,3 | 65,4 % |
| 2007 | 1 268,9 | 65,5 % |
| 2008 | 1 389,4 | 69,8 % |
| 2009 | 1 627,2 | 84,1 % |
| 2010 | 1 722,2 | 86,3 % |
| 2011 | 1 830,1 | 88,7 % |
| 2012 | 1 915,8 | 91,7 % |
| 2013 | 2 005,0 | 94,6 % |
| 2014 | 2 071,1 | 96,2 % |
| 2015 | 2 134,9 | 97,0 % |
| 2016 | 2 190,5 | 98,1 % |
| 2017 | 2 263,3 | 98,8 % |
| 2018 | 2 320,7 | 98,5 % |
| 2019 | 2 387,4 | 98,2 % |
| 2020 | 2 663,9 | 114,9 % |
| 2021 | 2 828,8 | 112,8 % |
| 2022 | 2 955,6 | 111,4 % |
| 2023 | 3 103,2 | 109,5 % |
| 2024 | 3 306,1 | 112,6 % |
| 2025 | 3 460,5 | 115,6 % |
Les années où tout a basculé
La dette ne monte pas régulièrement. Sur un demi-siècle, l'essentiel de la progression du ratio tient à quelques années isolées, où il a bondi de plus de 5 points en douze mois. Ces années ne sont pas choisies : elles sortent du calcul, et vous pouvez les retrouver ligne à ligne dans le tableau ci-dessus.
- 1993 · +6,4 points de PIB en un an
- 1995 · +7,9 points de PIB en un an
- 2009 · +14,3 points de PIB en un an
- 2020 · +16,7 points de PIB en un an
Le point commun de ces années : le ratio monte d'un coup parce que ses deux termes bougent ensemble. L'État emprunte davantage pour amortir le choc, pendant que la richesse produite recule. Un ratio est une division, et une division se dégrade deux fois plus vite quand son dénominateur baisse en même temps que son numérateur monte. C'est ce que détaille la page consacrée au rapport entre dette et PIB.
À l'inverse, le montant en euros, lui, n'a jamais reculé d'une année sur l'autre depuis 1978. Aucun exercice n'a été soldé par un remboursement net : chaque année, la France a emprunté davantage qu'elle n'a remboursé. Le mécanisme est décrit dans la page sur les émissions de l'Agence France Trésor.
Quelle était la dette de la France avant Macron ?
Fin 2016, dernier exercice clos avant l'élection présidentielle de mai 2017, la dette publique française s'élevait à 2 190,5 milliards d'euros, soit 98,1 % du PIB. Fin 2017, l'année du scrutin, elle atteignait 2 263,3 milliards, soit 98,8 % du PIB. Au dernier exercice clos, 2025, elle est de 3 460,5 milliards, soit 115,6 % du PIB.
Ces trois repères datent, ils n'attribuent rien - c'est l'usage que la page fait aussi des bandes de mandats du graphique, qui situent une année sans rien comparer. Deux faits de méthode disent pourquoi l'écart entre deux dates ne se lit pas comme un bilan. Le montant en euros n'a reculé aucune année depuis 1978, sur toute la longueur de la série. Et le ratio de PIB a deux termes : il monte d'un coup les années de choc listées plus haut, quand la richesse produite recule pendant que l'État emprunte davantage.
Pour lire n'importe quelle autre année, le tableau du haut de page donne les 48 millésimes, chacun avec son montant, son ratio et sa source. Ce qui fait monter la dette d'un exercice au suivant - déficit, intérêts, chocs - est détaillé sur la page pourquoi la dette augmente.
Pourquoi cette série commence en 1978 et pas avant
C'est la question que pose tout le monde, et la réponse honnête est qu'il n'existe pas de série française homogène plus ancienne. La dette au sens de Maastricht est une définition européenne : avant que la comptabilité nationale ne la produise, personne ne mesurait exactement la même chose.
Des bases internationales affichent bien la dette française jusqu'au XIXe siècle. Nous ne les reprenons pas, et c'est un choix documenté : la principale d'entre elles raccorde des sources hétérogènes, et ce raccord fabrique des ruptures qui n'ont jamais existé. Sur deux années des décennies 1970, elle affiche des bonds de plus de six points de PIB que les autres institutions ne voient pas du tout, l'une décrivant même un mouvement en sens inverse. Tracer ces années reviendrait à publier deux accidents de méthode comme s'ils étaient de l'histoire.
Nous préférons une série plus courte et vérifiable à une série plus longue et fausse. Sur cette page, chaque valeur porte sa source, et la colonne du tableau vous dit laquelle.
La série s'arrête à 2025 pour la même raison de méthode : un exercice n'entre ici qu'une fois clos et arrêté. L'année en cours, encore provisoire, a sa propre page avec ses trimestres publiés et le budget qui la cadre : les chiffres de la dette en 2026.
Trouver la dette d'une année précise
Le tableau ci-dessus donne les 48 millésimes d'un coup d'œil, avec pour chacun le montant en milliards, le ratio de PIB et la source dont il provient. C'est ce qu'il faut pour situer une année dans la trajectoire, ou pour vérifier un chiffre cité ailleurs.
Certaines années ont en plus leur page, qui reprend l'exercice pour lui-même : la dette arrêtée au 31 décembre, le ratio de PIB, le déficit constaté et l'écart avec l'année précédente. Ces pages ne remplacent pas la série, elles la détaillent d'un cran - à commencer par le bilan de la dette française en 2026, encore en cours.
Deux sources, un raccord, et ce qu'il coûte
Aucune source unique ne couvre les 48 années. La série est donc bâtie en deux segments, et la jointure est mesurée plutôt que masquée :
- 1978-1994 · comptes nationaux de l'INSEE, base 2014. C'est la seule source française qui remonte avant les critères de Maastricht.
- 1995-2025 · Eurostat, base 2020, la même définition que le compteur de ce site.
Les deux bases ne donnent pas exactement le même ratio sur les années qu'elles partagent : l'écart atteint 1,7 point en 1995. Ce n'est pas une erreur, c'est une réévaluation du PIB : quand l'INSEE change de base, la richesse produite est recalculée, donc le ratio bouge sans que la dette n'ait varié d'un euro. Une partie de la marche visible en 1995 sur la courbe vient de là, le reste est réel.
Le compteur en direct de la page d'accueil, lui, suit le trimestre le plus récent et se rebase tout seul : la méthode du compteur temps réel est expliquée sur l'accueil.
La même définition européenne sert à construire la comparaison entre la dette de la France et celle de ses voisins : les valeurs françaises y sont celles de cette page, au dixième de point près.
Sources
- INSEE - dette au sens de Maastricht Dette trimestrielle des administrations publiques, et comptes nationaux annuels. Source du segment 1978-1994 de cette série.
- Eurostat - dette publique annuelle Procédure de déficit excessif, secteur S13. Source du segment 1995-2025, la même définition que le compteur.
Périmètre : toutes administrations publiques (État, sécurité sociale, collectivités), dette brute consolidée au sens de Maastricht.
Réutiliser cette série
Ces données sont librement réutilisables, sous licence ouverte, à condition d'en citer la source. Deux formes existent : le bouton du haut de page fabrique un CSV à partir de ce que vous regardez, et la même série est servie en JSON à une adresse stable, https://dette-france.fr/data/dette-annuelle.json, avec ses unités, ses segments de source et le raccord documentés dans le fichier.
Pour afficher le chiffre courant plutôt que la série, le compteur de la dette se pose sur un autre site en deux lignes de code, et sa base est servie au même endroit.